mardi 25 février 2025

L'horreur “trendy” chez les jeunes


Naviguer entre le bon, le mauvais et le douteux…


Des Rainbow friends à Poppy Playtime, en passant par Cartoon Cat et Five Night At Freddy, sans oublier le fameux et déroutant Backrooms… Toutes ces étrangetés horrifiques du net sont très populaires auprès des plus jeunes. Mon fils Vincent, 9 ans, ne fait pas exception et en raffole.


Que ce soit  par l'entremise d’un “pas si responsable” animateur de camps de jours qui diffuse des vidéos Youtube pendant la période libre ou encore via la plateforme Roblox et ses jeux qui en reprennent les concepts,  les plus jeunes sont familiers avec ces univers oppressants.


Évidemment, Vincent n’a jamais joué ni à FNAF (Five Nights at Freddy's) ni à Siren Head. Par contre, il peut très bien en reproduire très fidèlement les personnages en argile polymère et en parler inlassablement pendant des heures ! ( Un pur plaisir, vous en conviendrez)


Récemment, il est rentré de l’école et semblait tout savoir sur un certain Cartoon Cat ainsi que sur un univers, un brin inquiétant, baptisé SCP Foundation.


Et dire que certaines personnes osent encore prétendre que les enfants n’apprennent rien à l’école ! Pour ma part, je trouve que leur capacité à emmagasiner toutes sortes d’informations est bien louable… 


Bref, on ne peut pas empêcher ces sujets de se répandre à l’école. D’ailleurs, pour eux, tout cela est empreint de mystère, surtout parce qu’ils en parlent tous sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Avec l’aspect interdit, c’est encore plus excitant! Dans le fond, est-ce que ça ne contribue pas, d’une certaine manière, à stimuler leur imagination ?


Mais bon! Puisqu’on ni peut rien, mieux vaut suivre le courant… Il est important, je trouve, d’être au fait de ce qui est trendy chez nos jeunes. D’ailleurs, c’est presque mission impossible tellement les tendances changent vite, un vrai feu de paille. Faut essayer de rester à jour, sinon, le temps de dire “Skibidi Toilet”, et on est déjà dépassé.


Même si ce genre de contenu me semble clairement malsain, est-ce que ça mérite qu’on s’en inquiète outre mesure ? Ça m’amène à réfléchir. Après tout, est-ce que ma génération s’en est vraiment mieux tirée en matière d’exposition à la violence “télévisuelle” ?


Évidemment, quand j’étais petit, il n’y avait ni réseaux sociaux, ni TikTok, ni Shorts sur YouTube. Les jeunes y ont désormais accès, avec ou sans supervision. Cela dit, et ce n’est pas un point négligeable, nos parents n’avaient pas le même rapport avec les écrans que celui que nous entretenons aujourd’hui avec nos propres enfants. Du moins, dans mon entourage immédiat.


Mine de rien, pour ma part, j’ai été initié à la réalité de la mort par le meurtre très graphique d'Alex Murphy dans Robocop, de Paul Verhoeven. J'avais alors à peu près l'âge de mon fils.


Je me rappelle parfaitement de la maman dans Gremlins qui poignarde à plusieurs reprises l’un des petits antagonistes verts dans la poitrine, avant d’en mettre un autre dans le four à micro-ondes, qui éclate comme une patate qu’on n’a pas bien piquée à la fourchette auparavant !


Ah, je me souviens des sages paroles de ma maman :

"Si y’a du sang ou des seins, cache tes yeux avec tes mains." C’est presque poétique. Un judicieux conseil assez courant à l’époque, mais pas sans faille, puisque, après tout, il y a des espaces entre les doigts…


Bref, les choses ont bien changé depuis les années 80/90. Avant, les enfants écoutaient les émissions de leurs parents. Tandis qu’aujourd’hui, c’est l’inverse : ce sont les parents qui écoutent les émissions de leurs enfants. 


Il n'y a pas à dire, on a dû se battre avec les enfants pour regarder le spécial de fin d’année d’Infoman. C’est un nouveau genre de dictature télévisuelle ! Je me dois de préciser qu'on est en désavantage numérique face à Vincent et ses deux sœurs…


Quand j’avais l’âge de mon fils, les enfants n’étaient pas les maîtres de la télévision. On se réunissait plutôt en famille devant des émissions comme Les Filles de Caleb, The X-Files, Unsolved Mysteries et Piment fort. Très peu probable qu’un tel scénario se produise de nos jours.


De toute évidence, mon parcours télévisuel et cinématographique est parsemé de petits “traumatismes” qui, avec le recul, se révèlent assez fondateurs. Ils ont contribué à faire de moi la personne créative que je suis aujourd’hui. Et là, je fais autant allusion aux choses que je voyais qu’à celles que je ne faisais qu’entrevoir.


Tout comme mon fils qui rêve en voyant une affiche du film Five Nights At Freddy’s ou une publicité de Squid Game, moi, je m’imaginais toutes sortes de scénarios en contemplant les cassettes VHS d’horreur au Vidéogie de mon quartier. Je me souviens que celles de L’Opéra de la terreur et d’Hellraiser me fascinaient.


Mais que faut-il tirer de tout ça ? 


L’impact de ces influences sur le développement mérite réflexion. Je reste prudent à ce sujet et j’essaye de prendre du recul sur mes propres expériences avant d’imposer des limites, quelles qu’elles soient. Évidemment, mon fils n’écoutera pas Robocop… le meurtre d’Alex Murphy peut attendre. Par contre, je n’ai aucun doute que, aussi douteux soient-ils, les Skibidi Toilet et Poppy Playtime de ce monde peuvent nourrir l’imaginaire grâce à leur part de mystère. Vincent les réinvente à sa manière, en les transposant dans ses propres jeux, dessins et créations.


Oui, il y a du bon et du mauvais. Mais, au final, l’important, c’est de s’intéresser aux intérêts de son enfant, ça peut aider à initier des conversations constructives. Et tant qu’à emprunter ce chemin, pourquoi ne pas en profiter pour encourager la réflexion et, surtout, aiguiser l’esprit critique ? Avec ce genre de contenus, il y a largement de quoi faire !





lundi 3 février 2025

En guettant les ours - d’Edmond Grignon

Ces jours-ci, je suis plongé dans la lecture d’un curieux petit livre que j’ai déniché à la collection Normand Leduc (voir l’épisode du podcast à ce sujet). Il s’agit d’une jolie édition illustrée de En guettant les ours, du docteur Edmond Grignon.

Ce livre est une compilation d’anecdotes, de tranches de vie et d’histoires de pêche racontées par le docteur Edmond Grignon, alias Le vieux Doc.

J’ai commencé la lecture sans trop savoir à quoi m’attendre, mais j’ai été agréablement surpris. Les anecdotes sont cocasses et la lecture, plutôt plaisante. Puis, en cours de lecture, une question a commencé à me trotter dans la tête : Qui est donc Edmond Grignon ?


À ce que je sache, il a écrit trois livres, dont un Album historique publié à l’occasion des fêtes du cinquantenaire de la paroisse de Saint-Agathe-des-Monts (1861-1911). (voir ici)

C’était un homme très engagé dans sa municipalité, un amoureux de la nature, un grand amateur de pêche et un médecin dévoué qui n’hésitait pas à se déplacer pour soigner ses patients, aussi pauvres soient-ils.C’est du moins ce que l’on disait de lui. Bref, un personnage des plus louables!

Outre son métier de médecin et son engagement pour sa paroisse, il était également homme de loi, et sa carrière de magistrat s’est étendue sur plus de quarante ans.

Comme je le disais, il a écrit trois ouvrages :

  • Album historique de la paroisse de Saint-Agathe des Monts1 1912

  • En guettant les ours2 ( voir ici ) 1930

  • Quarante ans sur le bout du banc3 (voir ici ) 1932


Les archives et moi, on a eu une fixation sur lui pendant quelques jours ! J’ai déniché beaucoup de choses dans les journaux de l’époque et je me suis même créé une carte de ses déplacements… Disons que j’étais un peu (beaucoup) motivé. Quand je me mets à fouiller sur un sujet en parallèle à une lecture, je m’imprègne de l’époque, ça me permet de vivre pleinement mon expérience de lecture. J'suis un peu intense, peut-être...


Bref, revenons à En guettant les ours !

Un peu comme un journal personnel, Edmond nous raconte des anecdotes sur sa vie, tant personnelle que professionnelle. C’est aussi un voyage dans le temps : on recule quand même d’environ 150 ans.


On ressent aussi très bien son amour pour les Laurentides. C’est d’ailleurs nulle autre que le curé Labelle qui lui a demandé de se rendre au nord, dans un milieu plus pauvre. Il aurait certainement pu avoir une meilleure carrière à Montréal, mais son goût pour les grands espaces verts l’a sans doute convaincu. Comme il le dit lui-même : “je crus en lui; et, prenant mes cliques et mes claques, mes fioles et mes sacs, je vins avec ma petite famille m'établir sur le bord d'un des plus beaux lacs des Laurentides"2


Bon, c’est pas parfait, ça n’a pas la prétention de l’être, je pense. Au début, la lecture est agréable, les anecdotes sont assez riches, variées et assez courtes pour maintenir l'attention. Ça se gâte un peu plus tard dans le texte, avec des histoires de pêches qui s'éternisent un peu trop à mon goût. C’est une reflexion bien personnelle ici. ça brise le rythme, à mon avis. 


Malgré tout, c’est une lecture que je recommande ! Le tout est d’ailleurs joyeusement illustré par l’artiste Albéric Bourgeois, donc la photo Wikipédia m’a rempli de bonheur ! Son air extravagant, clope au bec, c’est merveilleux !


image tiré du site Wikipedia4 




Source : 

1. Grignon, E. Fêtes Du Cinquantenaire de La Paroisse de Saint-Agathe Des Monts, saint-Agathe des monts, 1912).

2. Grignon, E. En Guettant Les Ours. (Edition Edouard Garand, Montréal, 1930).

3. Grignon, E. Quarante Ans Sur Le Bout Du Banc. (Montreal, 1932).

4. Albéric Bourgeois. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Fonds VLB Éditeur P812,S4,D171




Sorti des Boules à mites

L’année dernière, dans le cadre du podcast Les Berceuses Occultes, j’ai entrepris la lecture d’un obscur feuilleton publié en 1925 : Pris au piège de Claude Montorge.

Pour vous situer, lors de mes recherches pour l’épisode hors-série sur James McIsaac (voir ici), je suis tombé sur une annonce dans un journal qui a piqué ma curiosité. Si ma mémoire est bonne, il s’agissait d’une promotion parue dans La Patrie du 12 janvier 1927.


En tombant là-dessus, je me suis dit : Pourquoi ne pas faire la lecture de vieux feuilletons au podcast ? Et L’Héritage de la honte me semblait parfait pour commencer… Meurtre, amour, intrigue… Malheureusement pour moi, impossible de mettre la main sur l’intégralité du texte.

Finalement, je me suis rabattu sur une autre œuvre de Claude Montorge : Pris au piège

On ne sait presque rien sur ce Claude Montorge… et pourtant, j’ai cherché !

Au départ, j’ai supposé qu’il s’agissait d’un homme. Mais après avoir demandé de l’aide aux Archives nationales, la personne qui m’a répondu m’a fait remarquer qu’il pourrait tout aussi bien s’agir d’une femme. En effet, une auteure française active à la même époque portait le même nom. Elle était compositrice et parolière…

S’agit-il de la même personne ? Peut-être… mais impossible de le confirmer.

Ce qui me porte à le croire, c’est que dans tous ses feuilletons il est mentionné en en-tête "Autorisé par la Société des Gens de Lettres" en en-tête. Il s’agit d’une association française qui défend les droits et intérêts des auteurs. Fondée à Paris le 16 avril 1838… ça laisse penser que notre Claude était de nationalité française et, probablement, n’a jamais vécu au Québec.


Un autre indice me fait croire qu’il s’agit peut-être de la même personne : les deux ont été actifs à peu près à la même époque, entre 1925 et 1954. Et je n’ai trouvé qu’un seul certificat de décès au nom de Claude Montorge — en France, en 1952, pour la parolière. Rien au Québec.


La dernière publication signée Claude Montorge date de 1954, mais elle aurait très bien pu être posthume. Après ça, plus rien.


À ce stade, c’était devenu personnel. Je voulais vraiment une réponse. J’ai donc décidé d’aller embêter les gens de la BnF, la Bibliothèque nationale de France. Malheureusement, après une recherche de leur côté, ils n’ont pas pu confirmer ni infirmer s’il s’agissait de la même personne.


Ma dernière option ? Harceler de mes questions la SGDL, la Société des Gens de Lettres, qui existe toujours aujourd’hui. J’ai envoyé plusieurs messages… mais je n’ai jamais eu de réponse.


BREF ! Si on ignore presque tout de Claude Montorge, on sait au moins une chose : c’était un(e) auteur(e) prolifique.

Claude Montorge a rédigé de nombreux feuilletons, parmi lesquels :

  • Le Manoir de l’Ours

  • Histoire de Brigands

  • Le Moulin des Loups

  • Pris au Piège

  • Héritage de honte

  • Le Chevalier du Silence

Bref, si aujourd’hui son nom est tombé dans l’oubli, à l’époque, cet auteur(e) occupait une place importante dans les journaux.

L’an passé, je me suis amusé à mettre en voix le premier épisode de ce feuilleton et, tant qu’à faire, je l’ai aussi illustré avec l’intelligence artificielle.

Je vous invite à l’écouter ici : Pris au piège - Claude Montorge





jeudi 30 janvier 2025

C'est partie pour 4 ans d'incertitude

Salut !

Cette année, c’est vrai, j’essaie d’être plus présent sur cette page. On verra bien si cette résolution tiendra !

Avec le contexte actuel, les chances sont d'mon bord. J’ai quitté plusieurs plateformes de réseaux sociaux, comme Facebook et Instagram. Bon, je n’ai jamais été un grand consommateur de contenu du genre TikTok, mais quand même… Étant sorti des griffes des algorithmes, j’ai un peu plus de temps !

Tout d’abord, c’est une de mes différentes façons de réagir face aux menaces américaines et, surtout, à leurs propos profondément insultants. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que je suis un grand amoureux du patrimoine québécois (et même canadien 😅). Et puis, aujourd’hui plus que jamais, je suis attaché aux valeurs de notre pays, des valeurs qui, d’ailleurs, s’accordent de moins en moins avec celles des États-Unis.

S’il y a une part de revendication dans le fait de s’éloigner des réseaux, cette décision est d’abord dictée par une écœurantite aiguë des shit news, de la grosse face d’Elon Musk et de la direction peu reluisante que prennent les quatre prochaines années chez nos voisins du Sud… Et encore, c’est sans compter sur le fait qu’ils pourraient bien décider de changer la Constitution – il n’y a plus rien qui m’étonne, rendu là !

C’est également la fin du podcast Les Berceuses Occultes, après deux saisons. Ça m’a suivi pendant plusieurs années, mais je crois que c’est le moment de le laisser aller. Par contre, je compte continuer de sortir des livres sous Les Berceuses Occultes Présente. Le dernier en liste est le premier tome d’une réédition de l’œuvre de Pline l’Ancien, Histoire Naturelle. Celui-ci inclut le premier livre : Le Monde et ses éléments. J’y ai ajouté de nombreuses annotations explicatives ainsi que quelques correspondances de l’époque.

C’est une œuvre qui me fascine ; j’adore l’Histoire naturelle. Mon but ici est d’offrir une version physique de l’ouvrage à un prix abordable, car il est souvent trop cher et indisponible, et c’est bien dommage.

"Je sais que vendre mes livre sur Amazon.ca est un peu contradictoire… surtout depuis la fermeture des entrepôts au Québec. Je cherche une alternative canadienne ! Des suggestions ?"

Bref, j’ai tout plein d’idées et de projets à venir ...

Bonne année 2025 ! En espérant que ce ne soit pas la dernière… !



dimanche 8 septembre 2024

Grand Retour ! ... mais pas tant.

 

Bonjour à tous !

C’est avec une joie bien nostalgique que je reprends l’écriture sur ce vieux webjournal abandonné depuis plus d’une dizaine d’années. Ça faisait déjà un moment que j’essayais de remettre la main sur ce compte, mais sans succès. Toutefois, victoire ! … Hum, je suppose ...

Après une inspection des blogs que je suivais à l’époque, je constate que je ne suis pas le seul à avoir déserté. 2012/2013 semblent avoir été de très bonnes années pour tirer sa révérence. Nous nous sommes clairement éclipsés pour aller briller ailleurs, sur des plateformes émergentes plus branchées du genre d’Instagram. Mais! Blogger est toujours là en 2024… comme une vieille tour oubliée dans des contrées désertes et solitaires. C’est excessif peut-être, mais j’ai l’impression que bon nombre de blogs y sont éteints depuis longtemps. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression qu’il y a eu un désintérêt pour cette forme de média.

Sinon quoi de neuf en plus de onze ans? Oh, mais pleins d'affaires! 3 enfants, pour commencer. Un fils de 8 ans et des jumelles de 4 ans… dont une diabolique, d’ailleurs, ce n’est pas rien. Disons que ça transforme un peu le quotidien. Moins de temps, plus de fatigue, mais beaucoup d’amour et de fierté. 

Depuis mon dernier message, le deuxième tome des Médicis ( Les Médicis, Les maîtres de Florence ) est sorti en librairie en 2013. J’ai ensuite publié en 2018 le roman Les Plaisirs Coupables chez JCL. Un roman se déroulant durant la prohibition et mettant en scène nul autre qu’Al Capone. J’ai eu bien du plaisir avec ce projet qui me sortait un peu de ma zone de confort. 

En ce qui concerne Les Méandres de L’Interzone, c’est un projet sur lequel je travaille encore aujourd'hui. Je rassemble et peaufine actuellement plusieurs textes complétés du projet pour monter un livre d’environ 50 000 mots dont l’ensemble serait complet en soi. Avec un début, un milieu et une fin… disons. L’histoire est plus large, mais ce sera le premier tome d’une série.

Les petits tomes ne sont plus disponibles au téléchargement désormais, c’est une décision personnelle. Je n’étais plus satisfait de la forme des mini-tomes. 

Finalement, les dernières années ont été dédiées à l’écriture et l’enregistrement du Podcast Les Berceuses Occultes, dont je viens de terminer la saison 2. J’en parlerai plus en détail dans les postes à venir !